Philippe Muray, « l’homo pamphlétarus »

MURAY PAINT

Alors que Philippe Muray ne bénéficiait de son vivant que d’une tiède reconnaissance de la part de l’intelligentsia tricolore, son aura tout autant que son audience ne cessent de grandir depuis qu’il n’est plus. Quant aux idées qu’il distillait via ses essais ou chroniques, on mesure avec le temps la justesse de son diagnostic. Tandis que sa pensée est désormais récupérée, utilisée à bon ou mauvais escient, il est de bon ton de le citer. Cet homme qui dressa un constat sans appel sur la médiocrité de notre époque, souvent perçu à tort comme un simple contradicteur buté de la modernité, semble donc enfin sortir du purgatoire… Personnalité discrète, admirée par Houellebecq, celui qui maniait le verbe et la plume avec acidité forgea des concepts qui font aujourd’hui école. Pamphlétaire dont le matériau principal fut notre époque comme objet d’étude, s’étant fait une spécialité de tirer à vue sur les grandes croyances de notre segment historique, il devint un grand décrypteur des supercheries, arnaques et autres endoctrinements à l’œuvre. 

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