John Carpenter et le cauchemar climatisé

CARPENTER PAINT

Souvent considéré comme un maître du « cinéma de genre », John Carpenter jouit d’une reconnaissance de la part de cinéphiles du monde entier. Longtemps en guerre contre le système hollywoodien, sa cinématographie (il est vrai inégale) et son parcours sont le reflet d’un cinéaste qui tant bien que mal tenta de poursuivre sa voie sans sacrifier sur l’autel de l’argent roi son honnêteté artistique. Ses films ont souvent été des diatribes détournées ou directes de la société américaine et de ses excès. Jouant avec les codes du cinéma, notre imaginaire, nos phobies, nos pulsions et n’hésitant pas à fustiger les idolâtries ou idéologies propagandistes de notre époque, Carpenter est un des grands réalisateurs de sa génération. 

John Carpenter nait le 16 janvier 1948 à New-York, dès son plus jeune âge il est happé par le cinéma. Il cite souvent comme premier choc cinématographique African Queen de John Huston qu’il vit avec sa mère et qui longtemps habitera son imaginaire. Cette passion ira crescendo, le jeune Carpenter passant une grande partie de son temps libre dans les salles obscures à dévorer du cinéma… Très rapidement, ses goûts se tourneront vers la science-fiction, les westerns et les films d’horreur. Lorsque ses parents déménagent pour une petite ville du Kentucky très marquée par le racisme au quotidien, son sens critique et politique commenceront à se constituer, il se réfugie d’autant plus dans le cinéma, la littérature, le dessin mais aussi et surtout la musique à laquelle son père (violoniste professionnel de Nashville puis par la suite professeur de musique) l’a éveillé. Pour rappel, une partie de l’univers de ce cinéaste est aussi auditif, composant des thèmes qui contribuèrent grandement à l’atmosphère. Son géniteur l’encourage dans sa vocation en lui offrant une petite caméra avec laquelle il effectue ses premiers pas cinématographiques. Alors que le jeune homme atteint sa majorité, il fait ses valises et va s’installer à Los Angels, intégrant la prestigieuse Western Kentucky University, afin d’être au plus près de la Mecque du cinéma occidental en poursuivant une filière qui lui permettrait d’intégrer l’industrie cinématographique. Armé d’une caméra 8 mn, il s’essaie à ses premières œuvres. C’est alors qu’il découvre Rio Bravo de Howard Hawks qui marquera l’apprenti réalisateur. Il collabore à des fanzines et outre sa passion pour le cinéma joue dans des groupes de rock locaux. Noyé dans un monde où il peut côtoyer certains des grands noms du cinéma américain, il fait ses classes comme assistant et assiste aux différentes phases de production et montage d’un film, ce qui sera très formateur pour lui par la suite lorsqu’avec des budgets très serrés il devra assurer plusieurs fonctions. En 1970 avec une somme modique, le producteur John Longenecker aide Carpenter et sa bande de copains dans la réalisation de leur premier court-métrage intitulé The Resurrection of Broncho Billy qui remporte l’oscar du meilleur court-métrage de fiction et réalise le premier des rêves du jeune réalisateur impétueux : voir une de ses créations projetées dans les salles.

Une fois obtenu son diplôme, en 1971 Carpenter s’attelle à la réalisation de son film de fin d’étude initialement nommé Planetfall, le court puis moyen-métrage de science-fiction changera de nom pour Dark Star… Suscitant l’intérêt de deux producteurs, avec un budget plus consistant mais insignifiant au regard des productions hollywoodiennes, Carpenter va avec les moyens du bord accoucher malgré tout de son premier film en 1974, signant son entrée dans le monde du cinéma américain. Il cumule la fonction de réalisateur, producteur, compositeur, et co-scénariste puisqu’il écrit l’histoire avec son ami d’université Dans O’Bannon qui interprète aussi un des rôles à l’écran. Par manque d’argent, il faudra près de quatre ans avant que Carprenter ne termine le film, interrompant le tournage quand les dollars se faisant rares. L’équipe faisant les poubelles et furetant dans les décharges afin de trouver les matériaux nécessaires aux décors…  Le film ne cartonnera pas au box-office mais suscite l’intérêt des critiques. Carpenter est pour ce premier film dans le registre de la science-fiction, certes, mais aussi dans la comédie ; absurde, humour british (parfois potache) et loufoqueries ponctuant les scènes du début à la fin de ce premier essai. Ce premier film n’est bien évidemment pas un chef-d’œuvre et doit être visionné avec indulgence, il faudra patienter avant de trouver le style Carpenter qui fera date et où l’humour, parfois présent, n’est pas ma marque de fabrique…

Loin de rentrer dans l’histoire du cinéma avec son premier essai, tout le monde n’est pas Orson Welles, Dark Star sert de carte de visite et lui permet pour son deuxième film de bénéficier d’un budget une peu plus confortable mais bien insuffisant pour lui permettre de réaliser son souhait : accoucher d’un western qui serait un hommage à Rio Bravo. De manière détournée, il livrera un film qui malgré le cadre contemporain reprend quelques codes archétypaux du western. Assault, qui sort en salles en novembre 1976 aux Etats-Unis, est une forme de huit-clos où les personnages retranchés dans un commissariat vont devoir s’unir afin de faire face à un gang. De la science-fiction on passe alors à la menace urbaine…  On retrouve dès lors, bien qu’elle s’affinera par la suite, la patte de Carpenter… Atmosphère oppressante, effets de surprise suscitant l’apoplexie, menace immatérielle, tension claustrale entre les personnages ou toute une palette de sentiments extrêmes sont traités (par exemple la confiance et la paranoïa), symbolisme quant à ce que l’on nomme le Mal…   On y trouve le terreau de ses œuvres futures notamment quant à ses personnages en clair-obscur qui font penser pour certains à ceux de Sergio Leone où cynisme, désabusement et pessimisme l’emportent sur le manichéisme ou la frontière entre les « méchants » et les « gentils » est très marquée. Alors qu’aux Etats-Unis le film passe totalement inaperçu, il recueille un certain écho en Europe où les spectateurs semblent plus réceptifs à l’esprit carpenterien.

  Alors que John Carpenter met son imaginaire au service de l’industrie cinématographique américaine en signant plusieurs scripts et met sa caméra au service de téléfilms ; son troisième film qui germera de l’esprit de Carpenter suite à un fait divers sera destiné à la NBC et ne sortira dans les salles obscures que suite au succès d’halloween, redonnant une seconde vie à Meurtre au 43ème Etage. Ce thriller d’inspiration hitchcokienne tourné en deux semaines et qui joue avec nos frayeurs avec une délectation presque palpable est parfaitement réalisé de bout en bout. La protagoniste étant épiée, harcelée puis persécutée par un inconnu. On pense bien évidemment par moments à Fenêtre sur cour même si le jeune cinéaste apporte sa griffe en poussant à son paroxysme le jeu du chat et de la souris entre la proie et son chasseur. Carpenter démontre qu’il détient désormais une réelle maîtrise en termes de technique (travellings, contre-plongées, rythme…), signant quelques scènes où sa caméra et lui démontrent une réelle virtuosité. Il donne à voir au spectateur la perversité, le voyeurisme et la volonté de domination phallique sur la femme… Ce téléfilm, qui lui permet de polir certains effets, préfigure du film qui lui permettra en 1978 d’accéder à la notoriété : Halloween. Le prince de l’horreur, le seigneur de l’effroi, le chevalier de l’angoisse, le fondateur du slasher perçant enfin les écrans… Le film au psychopathe masqué deviendra cultissime et sera maintes fois plagié après avoir été disséqué et analysé par plusieurs générations de réalisateurs en herbe. Le style de Carpenter est désormais bien rôdé, la caméra est comme une extension narrative du réalisateur qui l’utilise pour jouer des réactions du spectateur qu’il malmène à sa guise et compresse et oppresse visuellement. Le Mal personnifié trouve alors un cinéaste qui lui redonne un nouveau souffle et le lui rend bien, le film est un succès…

A peine Halloween sorti et le temps de savourer sa notoriété, la même année il tourne un nouveau film qui prend à contre-pied ceux qui l’attendaient au tournant. Il trouve alors en Kurt Russel un acteur qui saura par son jeu et sa « gueule » incarner plusieurs de ses anti-héros ; il deviendra ce que Clint Eastwood fut pour Sergio Leone. Russel deviendra l’acteur du cinéaste qui lui confiera la vedette de plusieurs de ses films… Pour l’heure, la première collaboration se fait avec le téléfilm Le Roman d’Elvis qui est diffusé sur le petit écran en 1979 par la chaîne ABC. Le film nous raconte la vie du King de son enfance jusqu’à son retour sur scène, on y découvre le mythe dans son intimité seul avec ses doutes et ses démons intérieurs. Le jeune acteur qu’est Kurt Russell s’empare du personnage et incarne à merveille Presley et contribue à la réussite de ce biopic qui est très marginale dans l’œuvre du maître. Un an plus tard il revient dans un registre où il excelle avec The Fog. Après l’horreur et la science-fiction il ajoute l’élément manquant à son univers : le fantastique. Il raconte dans ce film l’apparition d’une brume porteuse de tous les maux de l’Enfer qui va s’abattre sur une petite ville de la côte californienne. Bénéficiant désormais d’un budget confortable, le tournage s’effectue en trois longs mois… Cette aisance lui permet de travailler ses effets et ses jeux de lumière et d’avoir le temps de dérouler une trame narrative dont les réminiscences vont puiser dans la littérature fantastique et notamment celle d’Edgar Allan Poe. Bien qu’esthétiquement réussi, le film ne rencontre pas le succès, son public attendant un Carpenter plus abrupt, moins poétique.

Alors que nous sommes au début des années quatre-vingt, que la criminalité est en hausse au Etats-Unis, qu’elle gangrène le pays et que Ronald Reagan va bientôt prendre le pouvoir, Carpenter réalise un de ses films où, au-delà du simple spectacle donné à voir, il livre sa vision sur la société américaine ; délivrant au passage une sérieuse charge contre les affres de tout système totalitaire qui guette les Etats-Unis et sa démocratie supposée…  John Carpenter n’a jamais fait mystère de son positionnement politique qui le fait pencher vers l’anarchisme. Avec New York 1997 où Kurt Russell collabore pour la seconde fois avec le réalisateur, il quitte les fantômes pour revenir à un univers urbain proche de son second film Assaut. Porté par une musique minimaliste et très inspirée, Carpenter réalise un de ses meilleurs films. Avec Kurt Russel qui avec son personnage de Snake Plissken fait office d’anti-héros individualiste et nihiliste dont la psychologie fait considérablement penser à L’homme sans nom de Sergio Leone (on retrouve d’ailleurs Lee Van Cleef au casting) il nous propulse dans un futur proche où New York est devenue une immense prison à ciel ouvert. Plissken, héros de guerre reconvertie dans les braquages, accepte (en contrepartie d’une amnistie pour ses crimes passés) de ramener vivant le président des Etats-Unis pont l’avion s’est écrasé à Manhattan alors qu’il se rendait à une réunion au sommet afin d’éviter une possible nouvelle guerre mondiale… Le film va durablement marquer les esprits, ce qui expliquera que Russel endossera de nouveau son personnage fétiche une vingtaine d’années plus tard pour une suite (Los Angeles 2013) sans renouer malheureusement avec la maestria du premier. Un an plus tard, il signe en 1982 là aussi un de ses meilleurs films avec The Thing où de nouveau Kurt Russell assure le premier rôle. Carpenter renoue avec la science-fiction et est à son meilleur. Il nous emmène cette fois-ci dans le Grand Nord où une entité venue vraisemblablement de l’Espace ayant la capacité d’imiter les êtres qu’elle tue et absorbe va semer le trouble dans une petite station de recherche américaine. Mené par une intrigue où la paranoïa est à son comble, où chaque membre de la communauté est peut-être « la chose », Carpenter nous délivre une nouvelle fois un huit-clos on ne peut plus angoissant… Le film sera injustement boudé par les critiques, fera un bide au box-office, ce qui affectera Carpenter, mais bénéficiera d’une renaissance et reconnaissance tardive mais bien méritée grâce au DVD. A noter qu’un remake bien inutile sortira en 2011 qui, on s’en doute, n’apporte rien à cette œuvre maîtresse de John Carpenter.

Avec le recul il est bien évident qu’il ne pouvait en être autrement, les routes de Stephen King et de John Carpenter devaient bien un jour se croiser… Ce fut le cas avec l’adaptation d’un des romans de King : Christine. Sorti en 1983, le film nous raconte cette histoire d’amour démoniaque entre une voiture et son jeune propriétaire. C’est au-delà de l’aspect premier du roman l’occasion pour John Carpenter de traiter du consumérisme et de la symbolique matérialiste dans une société où règne le fétichisme de la marchandise. Carpenter met « le pilotage automatique » pour ce film commandé par la Columbia dont l’objectif réel était de renouer avec le succès après l’échec commercial de The Thing. Les critiques seront bonnes, le film sera un succès et permettra à Carpenter de se remettre en selle commercialement parlant et de pouvoir bénéficier des moyens nécessaires pour réaliser Starman. C’est l’occasion pour le public de découvrir une autre facette du cinéaste et de dérouter son public avec une fable (qui lorgne parfois vers le E.T. de Spielberg) sous forme de parcours initiatique et existentielle qui réunit un extra-terrestre échoué sur notre planète qui tente de rallier les siens et une humaine. Carpenter se fait pour l’occasion quelque peu sentimental, délaissant l’horreur pour nous parler d’amour, de vertu et de construction de soi dans une société qui n’encourage guère la noblesse de l’âme. Deux ans plus tard, il retrouve son comparse Kurt Russell pour Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin. Ce film qui sort en 1986 se voulait un hommage aux films d’exploitation hongkongais que Carpenter affectionne tel un gamin. Volontairement naïf et jouissif, le film d’action est très réussi esthétiquement et glorifie les codes du cinéma asiatique. Carpenter en profite avec le héros incarné par Russell pour ridiculiser la suffisance américaine en accentuant les stéréotypes américains noyés dans le raffinement d’une civilisation asiatique où le contraste n’en est que plus saisissant. C’est malheureusement de nouveau un échec commercial pour Carpenter, la 20th Century Fox ne le lui pardonnera pas… Dépité, Carpenter revient au cinéma indépendant salvateur en signant avec Alive Films pour quatre long-métrages ; le premier sort en 1987 avec Le Prince des Ténèbres où il espère renouer avec le succès en donnant au public ce qu’il attend de lui… Un bon film d’horreur où sataniste et scientisme fusionnent. Pour le coup, la magie opère… Un an plus tard il revient avec Invasion Los Angeles où là encore il se fait plaisir politiquement en dézinguant l’Amérique de Ronald Reagan et son American way of life via un film de science-fiction où l’action se déroule sur notre planète subrepticement envahie ; film pamphlétaire où il fustige le système capitaliste et son modèle de société, il utilise des extra-terrestres qui en sont les archétypes pour s’adonner à une belle diatribe de l’endoctrinement que le libéralisme opère sur les masses. Film qui n’a en rien perdu son mordant contestataire et qui est toujours d’une cruelle actualité… La décennie va se refermer, après des hauts et des bas Carpenter termine plutôt bien les années quatre-vingt où, bien que collaborant avec les grands studios, il n’a que peu sacrifié son militantisme, son avant-gardisme et son anticonformisme qui en font un des grands réalisateurs de sa génération.

Les années quatre-vingt dix ont sonné et Carpenter, après une pause salutaire, revient avec un faux remake où il adapte à son tour et de manière contemporaine Mémoires d’un homme invisible de Harry F.Saint. Le film permet d’apprécier l’apport du cinéaste au septième art et l’amour qu’il porte aux grands classiques du cinéma hollywoodien qui ont bercé son enfance. Là encore, Carpenter s’en prend aux yuppies qu’il ne porte guère dans son cœur, il bénéficie de nouveau d’un gros budget du fait du succès de ses deux précédents films mais malgré la qualité du long-métrage c’est de nouveau un flop… A croire qu’il n’est jamais meilleur qu’avec des budgets étriqués et lorsqu’il ne s’aventure pas au-delà de ses terres de prédilections… Il collabore de nouveau pour la télévision afin de se refaire une santé et revient en 1994 pour un film qui est censé ne pas décevoir ses fans les plus inconditionnels :  L’antre de la Folie. C’est l’occasion pour Carpenter de nous livrer un monde où à travers l’enquête d’un enquêteur pour les assurances chargé de retrouver un écrivain de fantastique, littérature, réalisme, folie, mondes parallèles et absurde se côtoient. Continuant sur sa lancée, John Carpenter effectue de nouveau un remake avec Le Village des damnés qui sort en 1995. C’est pour le cinéaste l’occasion de nous parler une nouvelle fois de certaines thématiques qui sont souvent abordées en filigrane dans son œuvre. Le film n’a que peu de succès, qu’importe… Le grand retour de Carpenter est annoncé avec une suite, l’unique de sa carrière. En effet, Kurt Russel rempile pour son rôle fétiche de Snake Plissken. Vingt cinq ans après New York 1997, le héros solitaire, taciturne, anarchiste individualiste et cynique à souhait est de retour. Cette fois-ci ce ne sera pas à New York mais à Los Angeles qu’il va officier. Si Carpenter s’en était pris au premier volet au monde politique cette fois-ci il va tourner en dérision la société du spectacle et l’industrie du divertissement. Plissken se voit dans cette suite contraint pour sauver sa couenne de neutraliser un révolutionnaire qui menace de mettre HS toutes les sources d’énergies du pays totalitaire que sont devenus les Etats-Unis. Loin des manichéismes de rigueur, Plissken choisira son camp, c’est-à-dire le sien et prendra les deux camps à revers, ne transigeant pas avec son anarchisme qui l’empêche de succomber à toute idéologie d’où qu’elle vienne… Comme il le dira si bien à la fin du film : « Plus les choses changent et plus elles restent les mêmes ».  Succès mitigé, l’atmosphère grand guignol qui contraste avec celle de   New York 1997 déroutera et ne fera pas de cette suie le carton escompté. A compter de ce film, ce que produira John Carpenter n’apportera pas grand-chose à son œuvre qui influença tant de jeunes cinéastes. Avec Vampires en 1998 il nous délivre une nouvelle fois un film aux allures de western où chasseurs de vampires et créatures de la nuit s’affrontent ; avec Ghosts of Mars Carpenter il nous amène sur Mars où deux communautés d’humain vont devoir bon gré mal gré (comme pour Assaut) s’unir contre des mutants. Il retourne à la télévision pour deux épisodes de la série Master of Horror et un dernier film pusillanime en 2010 où il se recycle sans génie aucun avec l’Hôpital de la terreur.

Ne rencontrant plus le succès commercial et ayant l’honnêteté de reconnaître qu’il est en panne d’inspiration, qu’il a peut-être toute dit, écrit et donné à voir, Carpenter met plus ou moins un terme à sa carrière. La source d’inspiration s’est tarie, Carpenter est peut-être aussi trop désabusé par l’industrie cinématographique pour retrouver la fraîcheur qui fut la sienne lors de ses jeunes années. Il ne commet donc pas l’erreur d’effectuer le combat de trop et se retire dignement, bénéficiant du statut de réalisateur culte ayant généra malgré lui nombde de succédanés ; fréquemment cité par les plus grands, des réalisateurs comme James Cameron, Guillermo Del Toro ou encore Quentin tarentino ne manquent jamais de lui rendre hommage. Musicien à ses heures et ayant lui-même composé et enregistré plusieurs bandes originales de ses long-métrages (Assaut, New York 1997…), il se tourne alors vers la musique où il revisite certains de ses plus grands thèmes qui ont participé à l’atmosphère et l’univers carpenterien. En 2015 sort Lost Themes où, entouré de jeunes musiciens, il se fait plaisir… l’expérience donnera lieu à un second album et des tournées. Désormais tourné vers la production, le maître évolue dans l’ombre… pour ne pas dire les ténèbres.

Romain Grieco

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s